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léonard

la "da Vinci mode" folie


A l'approche du 5ème centenaire de sa mort (le 2 mai 2019) Léonard de Vinci est devenu le mort le plus "bankable" du monde. Est-ce Dan Brown et son "da Vinci code" vendu à 86 millions d'exemplaires (le 12ème livre le plus vendu de l'histoire) qui en fût le déclic ? Ou la redécouverte de tableaux du maître dont l'un, prochainement mis en vente chez Christie's, mis à prix à 100 millions de dollars ? Pour comprendre l'Omnibus hebdo a interrogé l'auteur de trois essais sur Léonard et la Joconde, Gérard Boudin de l'Arche.

L'OH. D'où vient cette folie Léonard ? - GBA. Elle n'est pas nouvelle. Déjà de son vivant il était une star" que se disputaient les "people" du temps. Rois, princes ou papes. Au siècle suivant ce fût au tour des "lords" anglais de s'arracher ses oeuvres, peintures, dessins ou carnets. Aujourd'hui son nom seul est une valeur. Par exemple la plus grande entreprise de BTP du monde, qui est française, s'est choisi le nom de "Vinci". Dan Brown a simplement pris le train en marche. - L'OH. Dans quelques jours doit être vendu chez Christie"s à New York un tableau attribué à Léonard, le "Salvator mundi". Mise à prix cent millions de dollars. Qu'en pensez-vous ? - GBA. Ce n'est plus de l'art mais un placement financier à haut risque. Son propriétaire russe, l'a acquis pour 135 millions de dollars. Le vendeur a fait, au passage, une plus value de 50 millions de dollars après s'être fait délivré un certificat d'authenticité. Combien de cette plus value est revenu aux "experts" ? Sachant que Léonard ne peignait que par nécessité (d'où la rareté de ses tableaux dont nombres n'étaient même pas achevés) les indices négatifs sont trop nombreux : aucune indication du commanditaire, pour la période retenue (1500 - 1506) Léonard était à Florence trop occupé à peindre la première Joconde (inachevée), la fresque de la bataille d'Anghiari (inachevée), la "Vierge au fuseau" perdue, la "Vierge à l'enfant", le "Jean Baptiste". De plus il part en campagne avec César Borgia en 1502 et 1503. On voit mal qu'il ait trouvé le temps de peindre ce tableau d'autant qu'il s'interdisait de peindre le visage du Christ. Il ne peint que Jésus enfant. Le seul Christ peint par Léonard se trouve dans "la cène" mais il est peint de loin et le Christ garde les yeux baissés. Rien à voir avec le Christ de "Salvator mundi" ! L'étude historique contredit l'expertise et là il y a un (gros) problème ! - L'OH. Et la"Joconde nue" du musée Condé à Chantilly en cours d'expertise ? -  Il s'agit d'un "carton" pour lequel on a la trace. Le dessin préparatoire d'un tableau exécuté par Salaï (l'élève et amant de Léonard), actuellement au musée de l'Hermitage et qui figure à l'inventaire "post mortem" dudit Salaï en 1525 sous le nom de "meza nuda". - L'OH. Mais alors que valent les expertises ? - GBA. Malheureusement pas grand chose si elles ne sont pas étayées par une trace historique. Exemple des deux Jocondes peintes par Léonard qui disposent de traces dans l'histoire qui corroborent les expertises, comme les témoignages de Vespucci, Vasari ou Antonio de Béatis. Ce qui nous permet d'affirmer aujourd'hui que la Joconde du Louvre fût celle commandée par Julien de Médicis, dont on connait l'histoire, en 1513. Quand à celle commandée par Francesco del Giocondo en 1503, peinte sur toile et restée inachevée, elle est dans les mains d'un consortium suisse !